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                      Administration communale
                      Monsieur C. Stöcklin
                      Syndic

                      1441 VALEYRES-MONTAGNY VD

                      Berne, le 9 août 2001
                      VT/KS/km


VALEYRES-SOUS-MONTAGNY, VD: aménagement du chemin des Perry
(15/, cas n° 3899)
 

Monsieur,

Comme convenu lors de la vision locale du 19 juillet 2001 et suite aux différentes correspondances reçues le 3 août 2001 sur l'objet cité en marge, veuillez trouver ci-après un complément d'informations.

1. Position du bpa

Il ressort du procès-verbal établi par Mme Roulet que la position du bpa n'a pas été correctement interprétée. Une précision sur son rôle exact est jugé utile.

Le service technique de la circulation du bpa intervient comme consultant des autorités communales pour des expertises sous le regard de la sécurité routière uniquement. Les consultations techniques respectent les principes suivants:

  • Elles concernent des questions de sécurité routière, mais ne prennent pas position sur des problèmes ne visant pas la prévention et la sécurité en général.
  • Un avis neutre et objectif est fournit en matière de circulation sous forme de recommandations.
  • Elles sont politiquement indépendantes, car le bpa n'est rattaché a aucun parti.
  • Les questions relatives à l'architecture ou au génie civil (statique, dynamique) ne sont pas considérées.
Ce n'est donc pas le rôle du bpa de fournir un projet ou une solution dite "miracle", tout comme nous n'avons pas à nous substituer à l'activité d'un bureau d'ingénieurs. Notre rôle est de mettre en évidence les solutions possibles, de comparer d'éventuelles variantes et/ou de donner des recommandations afin de fournir aux autorités compétentes une aide à la prise de décision pour atteindre le but recherché: une sécurité pour tous. Notre analyse se base sur les connaissances actuelles de la technique ainsi que des lois et normes en vigueur. Ensuite, si la commune est désireuse de tenir compte de notre point de vue, elle s'adresse alors au bureau spécialisé de son choix pour réaliser un projet tenant compte des différents aspects sécuritaires abordés.

2. Jeux sur la chaussée

La municipalité ne souhaite pas que le chemin des Perry devienne une place de jeux.

L'Ordonnance sur la circulation routière (OCR) répond à cette question à l'article 50 notamment aux alinéas 1 et 2:

1. Il est interdit, sauf sur les routes à faible circulation (p. ex. dans les quartiers d'habitation), de jouer ou de pratiquer des sports sur la chaussée, notamment de circuler à vélo d'enfant , en patins à roulettes, à skis à roulettes, etc., ainsi que d'aller en luge ou à skis. En jouant ou en pratiquant des sports sur les routes à faible circulation, on ne doit ni gêner ni mettre en danger les autres usagers de la route.

2. Il n'est permis de jouer ou de pratiquer des sports sur le trottoir que si les piétons et la circulation sur la chaussée ne sont pas mis en danger ou gênés.

Nous pouvons raisonnablement penser que le chemin des Perry est actuellement de faible trafic et le restera même avec la légère augmentation de trafic que les nouvelles résidences créeront. Le jeu sur la route ne peut que difficilement être interdit. Il va de soit que des égards mutuels de la part des automobilistes comme des enfants jouant sur la chaussée sont nécessaire pour que la cohabitation se déroule en toute quiétude. Les parents sont aussi concernés et restent responsables en laissant aller jouer (sans surveillance) les enfants sur la route même si le trafic y est moindre.

Si un enfant n'est pas en âge de comprendre que la route peut présenter un danger, il ne doit en aucun cas se trouver à proximité de celle-ci sans être sous la surveillance d'un adulte. Quelque soit la charge de trafic de la route en question, la route reste un danger potentiel même si le trafic est faible comme sur le chemin en question.

Le bpa s'est longuement penché sur le problème de savoir à partir de quel âge un enfant peut être considéré comme apte à gérer la notion de danger. Nous considérons qu'un enfant ne prend conscience de la notion de danger que vers l'âge de 5-6 ans. Entre 6-8 ans, l'enfant est à même de réaliser qu'il court un danger. Vers 8 ans, l'enfant est capable d'établir un lien entre le comportement et le risque. C'est seulement vers l'âge de 10 ans que l'enfant est capable d'appliquer des mesures préventives. Il va de soit que ces âges sont donnés à titre indicatif et sont à adapter selon les cas.

3. Classification et fonction du chemin des Perry

3.1 Considérations générales

Aujourd'hui, le chemin des Perry est une route de desserte. Une fois les nouveaux lotissements construits, le chemin des Perry pourra être considérée comme une petite collectrice d'intérêt local exerçant surtout la fonction de desservir et de garantir l'accès aux quartiers d'habitations. Même si une augmentation du trafic est à prévoir, le volume de trafic restera considéré comme faible.

La conception pour l'aménagement d'un tel chemin (route à orientation utilitaire) doit être réalisée de manière à ce que le conducteur reconnaisse son caractère local incitant ainsi à circuler à vitesse réduite. Pour ce faire, on cherche en général à obtenir une mixité du trafic. Les piétons se déplacent à niveau sur des surfaces de circulation communes; la chaussée appartient à tous.

Afin de garantir sécurité à tous les usagers de la route (y compris et surtout les piétons et cyclistes), il faut respecter en premier lieu les principes élémentaires d'un aménagement correct. Du fait de sa perspective, l'espace routier doit, sur toute sa longueur, donner à tous les usagers de la route l'impression d'une véritable surface mixte, sur laquelle chacun a droit à des égards réciproques. En délimitant des voies de circulation, on court le risque d'influencer négativement le comportement des conducteurs de véhicules à moteur et on donne ainsi aux piétons l'illusion d'un niveau de sécurité effectif qui n'existe pas.

Une route correctement aménagée a pour but de transformer la rue et ses abords de façon que l'espace routier apparaisse rétréci, incitant ainsi les conducteurs à s'adapter aux nouvelles conditions et à abaisser leur vitesse. Par conséquent, le conducteur dispose d'un champ visuel agrandi et est mieux à même de reconnaître des dangers latéraux. Une surface mixte correctement aménagée répondra aux principes énoncés par les normes de l'Union des professionnels suisses de la route (VSS) 640'211/212/213 Conception de l'espace routier.

3.2 Chemin des Perry

L'aménagement tel que prévu pour la route de Perry ne respecte pas les principes de mixité du trafic énoncés ci-dessus pour les raisons suivantes:

  • Elargissement de la route à 5.50 m avec séparation des piétons (1.50 m de trottoir) du trafic motorisé

  • (=> influence négative sur la vitesse des véhicules).
  • Rectiligne du tracé et effet de ruban produit par les bords de chaussée et les bordures intérieures du trottoir (=> effet négatif sur le comportement des conducteurs).
  • Pose d'un nouveau revêtement (=> augmentation du confort et de ce fait, l'attractivité de ce chemin).
S'il est vrai qu'un trottoir apporte sécurité aux piétons, il y a fort à craindre que l'aménagement prévu générera son lot de nuisances avec une augmentation du niveau de vitesse (=> abaissement du niveau de la sécurité routière et de la qualité de vie).

S'il est probable que les usagers circulent aujourd'hui à une vitesse inférieure à celle autorisée (50 km/h), il serait dommage de déplorer une augmentation du niveau de la vitesse une fois le chemin assaini.
 
 

4. Chemin de l'école – traversées piétonnes

Comme il a été judicieusement souligné lors de la séance, une attention particulière est requise pour le chemin des Perry car il se trouve sur l'itinéraire reliant les 2 écoles.

4.1 Rétrécissements

Si la variante discutée est maintenue sous sa forme actuelle, l'idée de la mise en évidence des traversées piétonnes par un rétrécissement est à saluer. Toutefois, nous préférons recommander un rétrécissement unilatéral afin de pas créer de conflits de priorité si 2 véhicules devaient se présenter en même temps devant l'aménagement. Le côté le plus approprié serait alors du côté opposé au trottoir.

Une largeur de 3.50 m est, il est vrai, régulièrement adoptée pour les rétrécissements car il permet le croisement/dépassement entre un cycle et une voiture avec sécurité. Comme dans le cas présent, selon les dires des autorités, la présence de vélos est rare (contrainte d'une forte déclivité), le rétrécissement à 3.00 m peut tout à fait convenir.

4.2 Passages-piétons

2 passages-piétons sont prévus.

Le marquage des bandes zébrées jaunes n’offre aucune protection physique aux piétons. Il a pour seul but de donner la priorité aux piétons par rapport à la circulation à un endroit donné. Cette notion de priorité est indépendante de la notion de sécurité. C'est pourquoi, si l'on fait le choix d'accorder la priorité aux piétons, il est important que les critères régissant une traversée sûre soient également réunis afin de ne pas créer une fausse sécurité. Ces critères sont énoncés dans la norme VSS SN 640'241 Circulation piétonne; le bpa, suite à sa recherche, se permet de les renforcer (voir annexe). Son marquage ne doit donc se faire qu’avec parcimonie et seulement s'il en résulte un gain réel de sécurité.

Dans le cas présent, dans le but de ne pas créer une fausse sécurité, nous ne recommandons pas le marquage des 2 passages-piétons car les exigences requises pour un tel équipement ne sont pas remplies (volume de trafic insuffisant – voir annexe) même si l'endroit correspond au lieu de traversée désiré.

Le non marquage des bandes jaunes ne signifie aucunement que les traversées piétonnes sont à négliger. Bien au contraire l'on préféra choisir une mesure plus appropriée, comme par exemple, celle mentionnée au chapitre 4.1.

S'il est vrai que l'on apprend aux enfants de traverser à un passage-piétons ou de marcher sur un trottoir, le contraire est également vrai. C'est d'ailleurs le cas aujourd'hui au chemin des Perry où le cheminement piétonnier se fait à même la chaussée et où selon les dires des autorités aucun accident n'est à déplorer jusqu'à aujourd'hui.

5. Récolte des eaux de surface

La norme 640'212 Conception de l'espace routier apporte un complément d'informations sur les rigoles destinées à l'évacuation des eaux de surface.

Elle informe que les rigoles transversales peuvent être exceptionnellement admises lorsqu'elles sont indispensables pour l'évacuation des eaux. En général, elles ne peuvent être aménagée en tant que modérateur. Elles peuvent, en effet, constituer une source de danger pour le trafic cycliste tout comme elles peuvent induire une augmentation des nuisances sonores. L'influence de telles rigoles sur les vitesses pratiquées est en outre modeste.

Lorsque l'on a affaire à une forte déclivité (> 5 %), l'on renonce également autant que possible aux décrochements verticaux car ils représentent un danger accru (vol plané) pour les conducteurs de deux-roues.

6. Conclusion

La variante actuellement retenue offre sécurité aux piétons par le biais du trottoir en séparant les piétons des véhicules motorisés. Toutefois, il y a lieu de craindre qu'elle apportera en contrepartie des nuisances relatives à une augmentation de la vitesse (Þ réduction de la sécurité) sur un chemin où il est compréhensible de prétendre à un niveau optimal de sécurité et de qualité de vie.

Dans le cas présent, si le temps à disposition le permet, il serait intéressant d'étudier 1 à 2 variantes supplémentaires que l'on comparera à la variante prévue. On pourra ensuite peser le pour et le contre des différents projets suivant l'importance donnée aux critères telles que par exemple: la sécurité, l'exploitation, le financement, etc. Souvent après une telle démarche, la variante la plus appropriée se dessine d'elle-même.

En vous remerciant de votre attention et tout en restant à votre disposition pour toutes informations complémentaires, nous vous prions d'agréer, Monsieur, nos meilleures salutations.
 

Bureau suisse de prévention
des accidents bpa
Service technique de la circulation

Karen Schmid, ing. dipl. ETS


Annexe:

  • Prestations du service technique de la circulation (P9801)
  • Critères sécuritaires pour l'aménagement d'un passage-piétons
Copie à:
  • M. Baudois, inspecteur de la signalisation du canton de Vaud, service des routes, avenue de l'Université 3, 1014 Lausanne
  • M. Fischer, bureau R. Jaquier & J.-L. Pointet, rue de Neuchâtel 1, CP 795, 1401 Yverdon-les-Bains
  • M. Pesenti, citoyen du village, chemin des Vignes, 1441 Valeyres-sous-Montagny

Nous tenons à ce que notre prise de position vous aide à résoudre votre problème de sécurité. C'est pourquoi nous vous adresserons en temps opportun, dans le cadre de notre système de contrôle du succès de nos visites, un questionnaire destiné à nous informer des résultats de notre coopération. Nous vous remercions d’avance de votre collaboration.